Mardi 8 février 2011

Indignation après les propos du Président de la République

Quand vont cesser l’immoralité et le mensonge ?

L’horreur de l’affaire criminelle de Pornic met abruptement en lumière la dramatique situation de la Justice en France.

La gravité du moment et le respect dû à la victime et à ses proches, exigent que les pouvoirs publics assument enfin les conséquences des choix opérés ces dernières années, sans rechercher des boucs émissaires pour se dédouaner de leur responsabilité.

Nous dénonçons le mensonge du Chef de l’Etat consistant à faire croire que l’Autorité judiciaire aurait pu éviter le drame.

Il est en outre parfaitement indigne de travestir les faits pour exploiter politiquement l’émotion suscitée par cette tragédie.

Depuis des années, tous les professionnels de la justice et leurs syndicats dénoncent le manque de moyen et de personnel.

Le service de l’application des peines du Tribunal de Grande Instance de Nantes avait alerté, à maintes reprises, le ministère de la Justice sur sa situation particulièrement difficile. Ces alertes n’ont pas été entendues par les pouvoirs publics.

La frénésie législative et répressive, dénoncée par le Syndicat des Avocats de France comme relevant du seul traitement spectaculaire des questions de délinquance, s’accompagne d’une constante diminution des moyens matériels et humains ne permettant pas un suivi cohérent des décisions rendues.

Nous rappelons que « le président de la République est garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire » art 64 de la Constitution. Son rôle n’est pas de la fragiliser.

Notre Cabinet est naturellement aux côtés des magistrats et fonctionnaires, pour dire notre indignation commune.